L'Armentier

L'association pour « valoriser les lieux de mémoire » et « promouvoir l'histoire locale » des îles vendéennes.


Préface « Ceci n’est pas un phare… »

Préface de Claude Bouhier

Nous n’en sommes qu’au début du cheminement de Patrick de Villepin dans l’histoire de Noirmoutier. Après son gros ouvrage sur le bois de la Chaise qui fut un très grand succès, ce docteur en histoire se crée les moyens de son ambition en lançant une association et maison d’édition, L’Armentier, dont le nom est un clin d’œil à une forme ancienne de notre île dans une carte du xvie siècle. Le cartographe avait entendu la prononciation locale alors que la forme écrite était Hermoutier.

Le premier ouvrage qui sort de L’Armentier porte en titre La tour Plantier. L’étonnant belvédère de l’île de Noirmoutier. C’est un merveilleux sujet parce que cette tour est devenue un monument très symbolique de l’originalité des constructions du Bois, parce qu’il est un des plus anciens, sinon le plus ancien, et qu’il a été bâti par des notables de la ville, les Plantier et les Charier, et non par des estivants.

Patrick a eu la chance de trouver des sources abondantes et souvent inédites dont il n’avait utilisé qu’une faible partie dans son ouvrage précédent, et le talent de nous les faire connaître. Nous n’ignorons plus rien des étapes de la construction de la Tour. Le fonds Charier-Fillon des Amis de Noirmoutier a fourni correspondances et factures et un dialogue surprenant et amical entre Arsène Charier-Fillon, Noirmoutrin et architecte de la ville de Fontenay-le-Comte, d’un côté, et son correspondant à Noirmoutier et cousin Lafontaine, entrepreneur de bâtiments, de l’autre.

On connaît maintenant mieux la famille Plantier-Filuzeau arrivée par mariage à Noirmoutier. Elle a donné deux ingénieurs des Ponts et Chaussées, dont François qui fut le constructeur d’un des phares du Pilier, et Patrick de Villepin, judicieusement, discerne la part de François dans la première phase de construction de la tour de son frère Frédéric, médecin et maire de Noirmoutier.

Enfin, l’auteur rend un hommage appuyé à Agnès Varda, Noirmoutrine d’adoption et de cœur. Injustement méconnu, son film Les Créatures est largement cité fort à propos au travers d’analyses et de photos, originales et inédites.

L’équipe mise en place pour l’ouvrage sur le Bois est présente dans la Tour et l’Anse rouge voisine. Rien n’est oublié : l’indispensable contribution d’Henri de Clermont-Tonnerre et l’apport de Vincent Cristofoli, de grande qualité. Nombre de photographies sont réalisées par Michel Pottier, le professionnel de talent que nous connaissons bien à Noirmoutier.